Les chrétiens de Palestine persécutés par le sionisme

Dans un communiqué du 11 février 2026, l’Œuvre d'Orient, association fondée en 1856 et reconnue par l'Église pour défendre les intérêts des chrétiens d'Orient, exprime son inquiétude : « Le 8 février, le gouvernement israélien a franchi une nouvelle étape dans l'annexion de facto de la Cisjordanie en étendant son contrôle à des zones jusqu'ici administrées par l'Autorité palestinienne. Ces décisions remettent en cause les accords d'Oslo et la perspective d'une solution fondée sur deux États. Sous couvert de compétences administratives et patrimoniales, et par une réforme foncière facilitant l'expansion des colonies, cette politique fragmente davantage le territoire palestinien. [...] Plus de 500 000 colons vivent aujourd’hui parmi trois millions de Palestiniens, dans un contexte de violences, de déplacements forcés et de destructions. La présence chrétienne en Terre sainte continue de décliner face à ces conditions devenues intenables. »

Déjà, dans L'Osservatore Romano (quotidien officiel du Vatican) du 14 octobre 2025, on pouvait lire : « En ce qui concerne la Palestine, la baisse de la présence chrétienne est due à une multiplicité de facteurs concomitants, le premier pouvant être attribué à la situation de conflit, de violence et d’instabilité politique. Aux victimes directes du conflit à Gaza, qu’elles soient dues à la violence armée, à la faim ou la maladie, s’ajoutent les tensions continues et les prévarications en Cisjordanie, qui ont créé un climat d’insécurité au point de pousser de nombreux chrétiens, qui en avaient la possibilité, à émigrer à la recherche d’une vie meilleure. Les attaques et les violences de groupes extrémistes à leur égard ont augmenté avec l’escalade du conflit. L’occupation des territoires, les expropriations de la part des colons et les restrictions à la liberté de mouvement imposées par les autorités israéliennes (comme la construction d’un mur de séparation) ont rendu la vie quotidienne extrêmement difficile pour les chrétiens palestiniens, limitant leur accès au travail, à l’éducation ainsi qu’à leur propre famille. Les démolitions d’habitations palestiniennes et les saccages du système hydrique de villages entiers sont le fruit d’un plan évident pour éloigner les Palestiniens du territoire et pour la création d’un espace destiné à l’implantation des colons israéliens. La pratique de l’autodémolition de sa propre habitation, imposée par les colons, ajoute un traumatisme psychologique à la perte matérielle de l’habitation et de l’éloignement de ses propres racines, car des familles entières doivent démolir leur maison pour éviter de payer une amende ou d’être arrêtées. La tolérance de la magistrature israélienne envers les violences avérées commises par des colons à l’encontre de la population palestinienne et l’absence de perspectives visant à mettre un frein ou un terme à cette situation ont généré un profond sentiment de malaise, surtout chez les jeunes chrétiens, qui se sentent toujours plus « indésirés » sur la terre de leurs ancêtres et qui cherchent des opportunités ailleurs. [...] Une dernière raison réside dans les attaques directes à l’encontre de la liberté de culte, les actes de violence et les discriminations contre les personnes et les profanations d’églises, de symboles religieux et de cimetières de la part d’éléments extrémistes, en particulier du judaïsme ultraorthodoxe, qui ont contribué à créer une menace constante pour les chrétiens. »

À Jérusalem, alors que les agressions contre les chrétiens se multiplient, l'État israélien prévoit d'exproprier l'Église arménienne, l'une des plus importantes de la ville, ce qui a déjà provoqué de nombreux heurts entre Arméniens et Juifs. Pèlerins et religieux sont quotidiennement victimes de crachats de la part des juifs ultra-orthodoxes, mais le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a tranquillement expliqué que « cracher sur les chrétiens est une vieille tradition juive »…

Bombardés et massacrés, comme les musulmans, à Gaza, agressés et chassés de leurs terres, comme les musulmans, en Cisjordanie, insultés quotidiennement et bientôt expropriés à Jérusalem, les chrétiens de Palestine sont les grands oubliés du conflit. Quand il prétend défendre la « civilisation judéo-chrétienne », Netanyahou prend les chrétiens pour des imbéciles et cherche avant tout le soutien de la droite occidentale dans sa politique criminelle : il nous déteste et sait très bien que le « judéo-christianisme » n'a jamais existé et n'existera jamais.

En France, l'extrême-gauche défend la Palestine par islamophilie et ignore les chrétiens, car ce sont les millions de voix musulmanes qui l'intéressent, et non un christianisme qu'elle déteste toujours autant. La droite se range presque unanimement derrière Israël par islamophobie, regardant aussi tous les soutiens que cela rapporte auprès de la très puissante communauté juive : les chrétiens d'Orient ne l'intéressent que quand ils sont persécutés par les musulmans. Lorsque l'église de la Sainte-Famille de Gaza a été touchée par un char israélien (3 morts, 15 blessés dont le curé), si Marine Le Pen a tout de même dérogé à son sionisme inconditionnel pour condamner cet acte, il n'y eut pas un mot, pas une réaction venant de Reconquête, ni de son président Éric Zemmour, pourtant grand défenseur de la (judéo-)Chrétienté, ni de son égérie médiatique Sarah Knafo, pourtant vice-présidente de l'intergroupe « Chrétiens du Moyen-Orient » au Parlement européen. Ce silence de mort est leur règle pour chaque acte anti-chrétien commis par Israël. Tout ce qui dérange leur narratif de « choc des civilisations » est purement et simplement passé sous silence : ce seul fait en dit long sur la sincérité de leur affection pour le christianisme.

La France est la protectrice traditionnelle des chrétiens d'Orient : elle ne peut pas les laisser se faire chasser de la Terre Sainte sans réagir. Le sionisme d'une grande partie des catholiques français est une honte, une lâcheté (car motivé aussi par la peur de passer pour « antisémite ») et une trahison de toute notre Histoire dont ils se revendiquent les grands défenseurs. Pourtant, dans un communiqué des évêques de Terre Sainte du 11 mars 2025, « Mgr Shomali [évêque auxiliaire latin de Jérusalem] a également réaffirmé le rejet par l’Église catholique de toute interprétation [biblique] qui chercherait à revendiquer la terre de Palestine pour le peuple juif sur la base de la Torah, comme le promeut le sionisme chrétien aux États-Unis » ; déjà, dans une déclaration du 7 juillet 2007, les mêmes évêques déclaraient solennellement : « Nous rejetons catégoriquement les doctrines sionistes chrétiennes comme un faux enseignement qui corrompt le message biblique d’amour, de justice et de réconciliation. Nous rejetons également l’alliance contemporaine des dirigeants et organisations sionistes chrétiens avec des éléments des gouvernements d’Israël et des États-Unis qui imposent actuellement leurs frontières préventives unilatérales et leur domination sur la Palestine. Cela conduit inévitablement à des cycles de violence sans fin qui compromettent la sécurité de tous les peuples du Moyen-Orient et du reste du monde. » Le Mouvement National-Catholique partage totalement cette position : il appelle les catholiques français à ouvrir les yeux sur ce qu'il se passe réellement en Terre Sainte et le gouvernement français à intervenir réellement pour protéger les chrétiens de Palestine.

 

Quentin Douté - Secrétaire général du MNC

 

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