La remigration selon Saint Thomas d'Aquin
« La fréquentation des étrangers corrompt fortement les mœurs des citoyens, selon l'enseignement d'Aristote dans sa Politique, parce qu'il doit nécessairement arriver que des étrangers élevés sous des lois et des coutumes différentes agissent en bien des cas autrement que l'exigent les mœurs des citoyens, de telle sorte que, tandis que les citoyens sont poussés par l'exemple à agir d'une façon semblable, la vie sociale est perturbée. »
Ainsi s'exprime saint Thomas d'Aquin dans son De Regno, véritable synthèse de philosophie politique thomiste. On estimait déjà en 2011 (il y a 15 ans !) que 23% de la population française était d'origine étrangère sur une, deux ou trois générations. En 2016, 39 % des naissances étaient d'origine extra-européenne ; ce chiffre monte à 56,35% dans le sud-est (PACA et Corse) et 73,56% en Île-de-France. En Seine-Saint-Denis, dès 2008 (il y a 18 ans !), 75% des habitants de Seine-Saint-Denis âgés de 18 à 50 ans étaient immigrés ou enfants d'immigrés (12% d'Européens, 63% d'extra-Européens) : on peut imaginer ce qu'il en est aujourd'hui... Chaque jour, l'actualité ne cesse de confirmer le constat que faisaient Aristote et saint Thomas il y a de nombreux siècles.
Alors que le pape Léon XIV, en digne successeur de François, ne cesse de prêcher en faveur de l'immigration massive, les catholiques ont le devoir d’œuvrer en faveur du bien commun de leurs nations et de ne pas les laisser être submergées par cette véritable invasion. Non contents d'occuper notre sol, ces étrangers sont aussi massivement naturalisés. À ce sujet, saint Thomas d'Aquin enseigne dans sa Somme théologique à propos de la politique de l'ancien royaume d’Israël vis-à-vis des étrangers (IIa Ia, q. 105 art. 3) :
« Le troisième cas est celui d’étrangers désirant être reçus en pleine communauté de vie et de culte avec le peuple : à leur endroit on observait certaines formalités, et leur admission à l’état de citoyens n’était pas immédiate. De même, selon Aristote, c’était une règle chez certaines nations de réserver la qualité de citoyens à ceux dont l’aïeul, voire le trisaïeul, avait résidé dans la cité. Et cela se comprend, à cause des multiples inconvénients occasionnés par la participation prématurée des étrangers au maniement des affaires publiques, si, avant d’être affermis dans l’amour du peuple, ils entreprenaient quelque chose contre lui. C’est pourquoi, selon les dispositions de la loi, certaines nations plus ou moins liées avec les Juifs, comme les Égyptiens au milieu desquels ils étaient nés et avaient grandi, les Édomites descendants d’Ésaü, le frère de Jacob, étaient accueillis dès la troisième génération dans la communauté du peuple. D’autres au contraire qui avaient montré de l’hostilité pour les juifs, comme les descendants d’Ammon et de Moab, n’y étaient jamais admis » Après avoir fait remarquer que, sur le plan spirituel, l'on devait œuvrer pour le salut de tous les hommes quel que soit leur peuple, l'Aquinate continue : « Mais au temporel, en ce qui concerne la société politique, on n’admettait pas d’emblée le premier venu, pour la raison qu’on vient de dire ; les uns étaient admis à la troisième génération : les Égyptiens et les Édomites ; les autres, les Moabites, les Ammonites et les Amalécites étaient exclus à perpétuité, en abomination de leur crime passé. De même en effet qu’un individu porte la peine de la faute qu’il a commise, pour qu’intimidés par ce spectacle les autres cessent de mal faire, de même aussi une nation ou une cité peut être punie à raison d’un péché pour que les autres s’abstiennent de les imiter. Toutefois, par dispense individuelle, un particulier pouvait, à raison de quelque haut fait, être agrégé au sein du peuple ; on lit dans Judith (14,6) que le chef des Ammonites, Achior, fut incorporé au peuple d’Israël, lui et toute sa postérité. »
Voilà un enseignement qui doit particulièrement être rappelé de nos jours, beaucoup plus qu'au XIIIe siècle. Non seulement nous ne devons pas laisser une immigration massive troubler la paix publique et défigurer notre nation, mais il est même de notre devoir de choisir attentivement et intelligemment les étrangers souhaitant s'installer sur notre territoire.
Sur ce thème particulièrement sensible, il faut écarter la pure démagogie (« immigration zéro », focalisation sur l'Islam) et proposer les vraies solutions favorables au bien commun :
- d'abord la remigration
La France a subi ces dernières décennies une véritable invasion migratoire, comme le montrent les statistiques citées plus haut : elle ne peut éviter le « grand remplacement » de sa population autochtone par des étrangers que par des mesures concrètes (déchéances de nationalité pour les binationaux, non-renouvellement de visas, expulsion des clandestins, suppressions des aides pour les étrangers) visant au départ d'une bonne partie de la population d'origine immigrée.
- ensuite l'immigration choisie
Dans les années 1930, on disait qu'il valait mieux installer des bureaux de l'Office national d'Immigration « plutôt à Milan qu'à Istanbul » : cela relève du bon sens et rejoint largement les pratiques vétéro-testamentaires rappelées par saint Thomas d'Aquin. De même, en 1945, le Haut Comité de la population et de la famille prévoyait d'accueillir 50% d'immigrés d'origine nordique (Allemands, Belges, etc.), 30% d'origine méditerranéenne (Italiens, Espagnols, Algériens, etc.) et 20% d'origine slave, ceux originaires d'Asie ou d'Afrique subsaharienne ne devant être acceptés qu'au cas par cas. Aujourd'hui, il s'agit avant tout de privilégier les immigrés venant de peuples culturellement, ethniquement et religieusement proches de l'identité française. Il faut aussi tenir compte, comme les anciens Hébreux, des relations passées et présentes avec les différents peuples : si, en 1945, les Algériens bénéficiaient d'une image positive car venant d'un territoire français et s'étant bien comportés durant les deux guerres mondiales, ils sont devenus beaucoup moins assimilables après plus de 60 ans de domination du FLN qui n'a cessé de leur inculquer la haine de la France, et il n'est guère raisonnable d'en avoir comme actuellement plus de deux millions sur notre territoire.
- enfin la réforme de la naturalisation
Le droit du sol, cette absurdité qui consiste à faire du veau né dans une écurie un cheval, doit être supprimé. Par ailleurs, comme souligné par saint Thomas d'Aquin, il est plus prudent de ne pas naturaliser les étrangers dès la 1e génération présente sur le sol français : intervenant à la 2e ou 3e génération, surtout s'il y a eu mélange avec des Français d'ici là, la naturalisation correspond déjà beaucoup plus à une réalité.
Quentin Douté, Secrétaire général du Mouvement National-Catholique