Les vrais responsables du génocide arménien

Les vrais responsables du génocide arménien

Dimanche 28 juin 2026, le gouvernement israélien a reconnu officiellement le génocide commis par les autorités turques contre le peuple arménien principalement en 1915-1916, et qui continua de façon plus diffuse jusqu'en 1923 : il y eut entre 1,2 et 1,5 million de morts pour seulement 500 000 survivants. Il s'agit là avant tout d'un geste politique en représailles des positions pro-palestiniennes de l'actuel gouvernement turc, qui a toujours nié purement et simplement l'existence de ce génocide. Il s'agit aussi, pour l'entité sioniste, d'accréditer sa vision géopolitique visant à opposer « civilisation judéo-chrétienne » et « barbarie islamique », faisant des chrétiens ses alliés naturels. Nous avons déjà largement traité ailleurs du sort indigne réservé aux chrétiens dans la grande démocratie hébraïque, exactement similaire à celui des musulmans. Nous avons également déjà plusieurs fois mentionné l'alliance entre Israël et l’Azerbaïdjan lors des conflits récents de ce dernier contre l'Arménie, alliance rendue sensible aux Arméniens par les nombreux drones israéliens qu'ils eurent à affronter. À l'occasion de cet événement, nous aimerions ici rappeler quelques faits historiques largement oubliés ou occultés sur les auteurs du terrible génocide arménien, généralement vus comme des fanatiques islamistes.

Ce qui était alors l'Empire Ottoman (la république turque ne lui succédant qu'en 1923, suite à sa défaite lors de la Première Guerre Mondiale) était dirigé depuis la révolution du 24 juillet 1908 par le parti des Jeunes-Turcs. Ce parti en vint même à déposer, en avril 1909, le sultan Abdulhamid II, qui leur était hostile, pour le remplacer par son frère, le très effacé Mehmed V, qui leur laissera la réalité du pouvoir.

Qui étaient ces Jeunes-Turcs ? Des musulmans fanatiques ? Pas le moins du monde : bien au contraire, il s'agit de nationalistes laïcs partisans d'un régime autoritaire mais sécularisé et occidentalisé. Ce mouvement, dont le nom officiel est « Comité Union et Progrès » (CUP), a été fondé le 14 juillet 1889, pour le centenaire de la prise de la Bastille : ouvertement positivistes, l'écrasante majorité de ces cadres étaient francs-maçons. Parmi ses fondateurs, Abdullah Cevdet, franc-maçon et partisan convaincu de Darwin (dont il présente les thèses au public turc), est l'auteur de livres attaquant la religion islamique notamment par des critiques historiques sur Mahomet.

Mais il y a encore plus intéressant : le bastion des Jeunes-Turcs n'était pas Constantinople (aujourd'hui Istanbul), alors capitale de l'empire, mais Salonique (aujourd'hui Thessalonique, en Grèce), qui était encore en Turquie jusqu'en 1912. Cette ville comptait alors une forte population juive (40%), ce qui en faisait la minorité la plus nombreuse (devant les Turcs et les Grecs) ; mais parmi ces Turcs musulmans, un tiers était en réalité constitué de donmehs ou deunmehs, équivalent islamique des marranes (crypto-juifs espagnols faussement catholiques, dont la plupart des Juifs de Salonique descendent), c'est-à-dire des Israélites en apparence convertis à l'Islam mais qui continuent de pratiquer le judaïsme en privé.

Comme le note l'historien Arthur Beylérian dans Les Grandes Puissances, l'Empire ottoman et les Arméniens dans les Archives françaises (1914-1918) : « L'un des faits les plus saillants de la Révolution de 1908 est le rôle précis et actif de certains représentants de l'importante communauté israélite de Salonique. Des personnalités juives et plus encore, des deunmehs, ont, dès la première heure, collaboré étroitement avec les Jeunes-Turcs pour l'établissement du régime constitutionnel, entretenant avec eux des liens d'une confiance sans égale. Carasso, avocat, et plus tard député juif de Salonique, bien connu dans les milieux de la franc-maçonnerie occidentale, comptera ainsi parmi les figures de premier plan durant l'époque constitutionnelle de 1908 à 1918. Avec l'encouragement des Jeunes-Turcs, Carasso fondera même plusieurs loges maçonniques à Salonique et Constantinople, recrutant les membres principalement dans les cercles du Comité Union et Progrès. Le cheïkh-ul Islam, lui-même, le plus grand dignitaire de la religion musulmane dans l'Empire Ottoman, sera initié dans la loge "Constitution" dont le vénérable est Djavid Bey [deunmeh]. Bien que le siège central du CUP soit à Constantinople, Salonique restera le foyer du mouvement Jeune-Turc jusqu'à l'occupation grecque en 1912. »

En juillet 1914, le comité central du CUP fonde secrètement l'Organisation spéciale, dépendant directement des ministères turcs de l'intérieur et de la justice : sa tâche consiste essentiellement dans l'extermination des convois de déportés arméniens. Elle est dirigée par le docteur Mehmed Nazim Bey, un deunmeh de Salonique dont les positions ont été publiquement affirmées : « Il est donc absolument nécessaire d’éliminer entièrement le peuple arménien, afin qu’il n’y ait plus d’Arménien sur cette terre et que le concept même d’Arménie soit éteint. [...] cette fois, la procédure sera une annihilation totale – il est nécessaire qu’aucun Arménien ne survive à cette annihilation ». Selon l'historien Arthur Beylérian : « L'influence des deunmehs chez les Jeunes-Turcs semble avoir été importante au point qu'après la défaite de l'Empire ottoman en 1918, le nouveau ministre turc de l'Intérieur Izzet Bey en février 1919 avouait à un journaliste : "... Les criminels ne sont pas les vrais musulmans, mais ce sont les deunmehs !" »

En résumé, le génocide arménien n'est donc nullement imputable à des islamistes semblables aux actuels gouvernants turcs mais à des francs-maçons, pour beaucoup d'origine juive. On comprend alors toute l'ironie de la reconnaissance de ce génocide par le gouvernement israélien...

 

Quentin Douté, Secrétaire général du Mouvement National-Catholique

 

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