retour sur « l'affaire Touvier »

30 ans de la mort de Paul Touvier : retour sur « l'affaire Touvier »

Le 17 juillet 1996, Paul Touvier, alors enfermé à la prison de Fresnes, rendait son âme à Dieu. Selon la presse officielle, c'était un criminel, le premier français condamné pour « crimes contre l'humanité », et c'est cette image de lui qu'ont gardée les Français et qui est enseignée au collège ou en cours de droit. Comme bien souvent dans ce monde où règne le mensonge, la vérité est bien différente.

Né en 1915 dans une famille catholique de province, d'un père petit fonctionnaire et militant de la Fédération Nationale Catholique du général de Castelnau, il milite lui aussi dans la droite conservatrice, au sein du Parti Social Français du colonel de La Rocque. Après avoir servi en 1939-1940 au sein de la 8e division d'infanterie nord-africaine, il s'engage après la défaite dans la Légion Française des Combattants (LFC), regroupant les anciens combattants derrière le maréchal Pétain et la Révolution Nationale : comme l'écrasante majorité des Français, il comprend le caractère salvateur de l'armistice et la nécessité d'un relèvement intérieur.

En tant que catholique, il fait le même constat que les évêques français sur la concordance entre la Révolution Nationale et la doctrine sociale de l'Église, concordance relevée dès septembre 1940 par Mgr Feltin, archevêque de Bordeaux et futur cardinal : « On pourrait longuement énumérer les points de contact existant entre les directives sociales de Léon XIII et de Pie XI sur le salaire vital, la dignité du travail humain, la collaboration des classes, le groupement des travailleurs d'après leurs professions, la primauté du bien commun, le respect de la personne de l'ouvrier d'une part et les idées, les consignes et les réformes sociales et économiques du gouvernement de la Révolution nationale en France, sous l'autorité du maréchal Pétain, d'autre part. [...] L'ordre social nouveau que veut établir en France le chef de l'État s'inspire nettement des enseignements pontificaux en même temps que des traditions et qualités nationales. » (voir note 1) Le maréchal Pétain lui-même soumet plusieurs fois certains textes clés (les Principes de la communauté, le statut des Juifs de 1941) à l'approbation directe du pape Pie XII.

Patriote et catholique, Paul Touvier s'engage naturellement au printemps 1942 dans le Service d'Ordre Légionnaire (SOL), qui regroupe les légionnaires les plus actifs sur le terrain. Lorsque celui-ci, suivant un ordre du maréchal Pétain du 5 janvier 1943, prend son indépendance de la LFC pour constituer la Milice française, Touvier suit, autant par loyauté envers le Maréchal (à l'heure où tant le trahissent depuis l'invasion anglo-américaine de l'Afrique du Nord en novembre 1942) que par fidélité aux idéaux de la Révolution Nationale (idéaux que s'empressent de renier ceux qui rejoignent les Alliés, comme le général Giraud lors de son discours du 14 mars 1943).

Travaillant jusque-là dans la SNCF, Touvier devient au printemps 1943 un permanent de la Milice, responsable du 2e service chargé du renseignement d'abord pour le département de la Savoie, puis, à l'automne, pour toute la région de Lyon. Alors que la Milice n'est pas encore armée, la résistance, alors composée en grande partie de communistes étrangers commettant de nombreux crimes depuis la rupture du pacte germano-soviétique, assassine de nombreux miliciens et des membres de leur famille à partir du 24 avril 1943. À Londres, le soutien aux crimes communistes est total (alliance avec l'URSS oblige) et la radio gaulliste, par la voix d'Israélites comme Pierre Dac ou le futur ministre Maurice Schumann (baptisé en 1942 mais conservant une haine talmudique bien peu évangélique), appelle au meurtre des miliciens. Pour se défendre, le secrétaire général de la Milice Joseph Darnand doit se rapprocher des Allemands pour qu'ils autorisent les miliciens à s'armer. C'est seulement en novembre 1943 que les miliciens peuvent combattre, aux côtés des forces de l'ordre classiques (gendarmerie, police, GMR [futurs CRS]), contre la résistance.

Le 28 juin 1944, le ministre de l’Information et de la propagande Philippe Henriot est assassiné par des mi-résistants mi-gangsters aux ordres de Londres. Grande figure de la droite catholique, apprécié du maréchal Pétain, membre de la Milice et favorable à la collaboration avec l'Allemagne par anticommunisme, Henriot avait réussi, par ses nombreux éditoriaux radiophoniques aussi éloquents que sincères, à retourner de nombreux français séduits par la radio anglaise en faveur de Vichy, à l'heure même où les Anglo-américains continuaient de progresser sur le front : « Il disait la vérité, ils l'ont tué », comme le résume une affiche de l'époque.

À Lyon, les Allemands veulent faire des représailles et exécuter 100 otages juifs. Informé, le chef régional de la Milice, Victor de Bourmont, réussit, après de longues négociations, à réduire le nombre de victimes prévues à 30, dont il charge le choix au chef du 2e service, Paul Touvier. Touvier négocie à son tour avec les Allemands et réussit à diminuer le nombre d'exécutions prévues à 7 : les sept israélites sont fusillés par des miliciens au cimetière de Rillieux.

Contrairement aux ordres de Darnand, Touvier reste en France au moment de la « Libération », caché sous un faux nom. Son supérieur, Victor de Bourmont, obéit et se replie en Allemagne, où il mourra dans les rangs de la Waffen-SS contre l'Armée Rouge ; on notera qu'à aucun moment la moindre gratitude ne sera manifestée envers sa mémoire pour avoir sauvé 70 Juifs de la mort. Commence alors pour Paul Touvier une longue vie clandestine et aussi un long parcours judiciaire. Aidé par sa famille et des communautés religieuses, il obtient à partir de 1957 le soutien de Mgr Duquaire, secrétaire particulier du cardinal Gerlier, archevêque de Lyon. Par son intermédiaire, il rentre en contact par la suite avec Edmond Michelet, catholique pratiquant et ministre de la Justice sous de Gaulle, qui plaide sa cause sans succès auprès du « général ». De Gaulle parti, son successeur Georges Pompidou se montre plus bienveillant et gracie Paul Touvier en 1971.

C'est dès l'année suivante, à partir du 5 juin 1972, que Touvier subit une vaste offensive médiatique : il devient « le bourreau de Lyon ». Alors qu'il commençait à mener une vie normale, il doit retourner dans la clandestinité mais, cette fois, en étant traqué comme un criminel par des milices communautaires alors même qu'il n'y a plus aucune poursuite judiciaire contre lui et qu'il a été gracié par le président de la République ! Il peut heureusement compter de nouveau sur le soutien de nombreux prêtres et religieux, pas toujours favorables politiquement (il sera même hébergé par un « curé rouge »...) mais animés par la charité chrétienne envers cette victime de la haine talmudique.

En 1981, François Mitterrand est élu président de la République et nomme ministre de la Justice Robert Badinter. Celui-ci, de confession juive, n'a que compassion pour les tueurs d'enfants qu'il a défendus avec acharnement les années passées et qui, grâce à lui, ne risqueront plus la guillotine, mais il voue une haine tenace envers Paul Touvier et reprend contre lui les poursuites judiciaires malgré sa grâce au nom de l’imprescriptibilité des « crimes contre l'humanité » : les sept otages fusillés à Rillieux étant juifs, Touvier aurait participé à « l'extermination des Juifs »...

Après son arrestation en 1989, la plupart des accusations lancées par les médias contre lui s'écroulent très rapidement après un simple examen des faits ; seule l'affaire de Rillieux reste. Pour ses accusateurs, ce n'est pas seulement Paul Touvier qui est accusé mais le « régime de Vichy » qu'il représente : c'est la politique anti-juive du gouvernement du Maréchal qui doit être condamnée comme criminelle et, pour cela, ils vont même essayer de faire oublier le rôle des Allemands dans l'affaire. Le 13 avril 1992, la chambre d'accusation de la Cour d'Appel de Paris rend un non-lieu en reconnaissant que, Vichy n'ayant jamais conduit une politique d'extermination des Juifs, on ne pouvait qualifier l'affaire de Rillieux de « crimes contre l'humanité ».

Évidemment, la presse est furieuse et s'acharne pour obtenir la cassation de l'arrêt de la Cour d'Appel, ce qu'elle obtient le 27 novembre 1992 par un retournement complet d'argumentaire : Touvier n'est plus Vichy, mais un complice des « nazis », et en tant que tel criminel contre l'humanité. On se souvient d'un seul coup de la pression allemande, mais celle-ci ne sert pas de circonstance atténuante mais aggravante. Ainsi, les juges de la cour d'assises de Versailles, probablement mieux choisis et dûment chapitrés, rendent enfin la décision que les journalistes (et surtout ceux qui les paient) attendent : Paul Touvier est condamné le 20 avril 1994 à la réclusion criminelle à perpétuité pour « crimes contre l'humanité », devenant ainsi le premier français condamné pour des actes qui ont déjà fait l'objet d'une grâce présidentielle.

Au passage, le rôle exercé par un certain nombre de prêtres et de communautés religieuses en faveur de Touvier fut utilisé pour obtenir des autorités de l'Église encore plus de reniements et de repentance, notamment au moyen du livre de René Rémond, Paul Touvier et l'Église, écrit à la demande du cardinal Decourtray, archevêque de Lyon. La charité dont les ecclésiastiques progressistes parlent sur tous les tons lorsqu'il s'agit de vrais criminels ou des immigrés devient un péché lorsqu'elle s'exerce envers des « nazis » ! La « repentance » des évêques des années 1990 s'exerce sur le dos de leurs prédécesseurs des années 1940, coupables du péché mortel de pétainisme : l'ironie est qu'un certain nombre de ces évêques dénonciateurs de leurs prédécesseurs ont depuis été mis en cause pour des faits bien plus graves (au regard de la morale catholique en tout cas) que ceux qu'ils dénonçaient...

Enfermé à Fresnes, gravement malade, Paul Touvier ne peut même pas revoir sa famille avant sa mort, le président de la République Jacques Chirac s'y opposant personnellement (ce qui donnera lieu à un mémorable éditorial de Serge de Beketch sur Radio-Courtoisie à ce sujet, voir note 2)., et meurt le 17 juillet 1996. Lors de son enterrement le 25 juillet, l'abbé Philippe Laguérie, curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, parle de son « âme délicate, sensible et nuancée », rappelant que Paul Touvier a toujours affirmé n'avoir « jamais tué ni donné l'ordre de tuer », « jamais torturé ni donné l'ordre de torturer » et répond à ses accusateurs qu'au « tribunal divin, il n'y a pas de médias ni de coups médiatiques, pas de communistes, pas de franc-maçonnerie, pas de partie civile et pas de LICRA ». Sur sa tombe, avec son nom et ses dates, on peut lire ce seul mot : Credo.

En résumé, un milicien et futur officier SS (Bourmont) a sauvé 70 Juifs, un autre milicien (Touvier) en a sauvé 23 et, contraint par l'occupant, en a laissé fusiller 7 : s'ils avaient refusé de s'en charger, les Allemands en auraient fusillé 100, comme prévu au départ. Ces « collabos », antisémites, ont donc sauvé plus de Juifs que la plupart des résistants. Pourtant, le seul des deux à avoir survécu à la guerre a été pourchassé toute sa vie par la communauté juive et la presse qui lui est soumise comme « criminel contre l'humanité ». Il a fini par être condamné pour des actes qui avait fait l'objet d'une grâce présidentielle en vertu d'un chef d'accusation qui n'existait même pas au moment des faits : comme à Nuremberg, comme pour Eichmann, toutes les règles les plus élémentaires du droit ont été bafouées pour que puisse s'exercer la vengeance talmudique. Je ne sais si, dans ce monde, un jour, justice sera rendue à Paul Touvier, mais au jugement général qu'à la fin des temps le seul Juge infaillible rendra, je n'aimerais pas être à la place de ses accusateurs.

 

Quentin Douté, Secrétaire général du Mouvement National-Catholique

 

***

 

Note 1 : Citation tirée de L'Église occupée de Jacques Ploncard d'Assac

Note 2 : Serge de Beketch parle de l'incarcération de Paul Touvier et fustige le chantage à l'antisémitisme : https://youtu.be/98ibSKINZFY?si=u1zAro3J-hYu7P1b

 

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